- Date
- 03 Septembre 2010
- Time
- 8:31
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Dormir à Moscou
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L’apparition d’auberges de jeunesse diverses à Moscou s’explique par l’un des plus grands problèmes de la ville, notamment envers ses visiteurs : l’absence totale d’hôtels bon marché.
Les auberges offrent une réponse à la fermeture d’hôtels tells que «Intourist», «Moskva» et «Rossiia», suite à laquelle il est devenu impossible de séjourner dans la capital à moins de 200 dollars par nuit. En outre, le problème du manqué de place est loin d’être résolu, puisque toutes les auberges moscovites — il y en a environ une dizaine — ne peuvent accueillir que l’équivalent de deux étages d’un des hôtels susmentionnés.
En Russie, le concept d’ «auberge de jeunesse» n’existe pas encore, il n’existe que des hôtels. Même si l’ouverture d’une auberge exige exactement les mêmes documents et autorisations que l’ouverture d’un hôtel, il n’existe pas, officiellement, d’auberge de jeunesse dans le pays.
Godzillas et Napoleon,, les deux meilleures auberges selon l’opinion des voyageurs peu fortunés, ont été ouvertes par des étrangers. Le fondateur de Godzillas, l’anglais James Skinner, a racheté deux anciens appartements communautaires dans la rue Bolchoï Karetnoï pereoulok. Depuis octobre 2005, tout un étage de l’un des plus vieux édifices du centre de Moscou est réservé à l’auberge Godzillas, pouvant accueillir 50 personnes. James prévoit de racheter encore deux appartements. Selon ses calculs, le projet sera entièrement compensé dans neuf ans.
Richard Lines, à l’origine de l’ouverture de Napoleon, la deuxième auberge de jeunesse populaire de Moscou, s’est trouvé un compagnon d’affaires : le citoyen russe Mikhaïl Nouridjanov. Après des travaux de réparation dans une komunalka (un appartement pour plusieurs familles, avec la cuisine en commun) située dans un beau quartier de la ville, Richard et Mikhaïl ont ouvert l’auberge de jeunesse Napoleon en 2006.
Godzillas et Napoleon sont les deux seules auberges de Moscou où les fondateurs ont eu une approche sérieuse de leur affaire: ils ont obtenu toutes les autorisations nécessaires et ont engagé le personnel indispensable (d’administration, de nettoyage, etc.). A Napoleon, on est allé encore plus loin: c’est la seule auberge où vous pouvez vous faire enregistrer sur place et où l’administration s’est occupée de la sécurité de ses hôtes (à l’aide d’un contrat avec le Service de protection régional). Les autres auberges, qui sont, en général, de simples appartement à louer, ne diffèrent pas beaucoup les unes des autres au niveau du prix (700 — 1000 roubles par nuit, c’est-à-dire environ 40 dollars). Dans la plupart des cas, leurs fondateurs sont des hommes d’affaires, auxquels des amis voyageurs ont suggéré l’idée d’ouvrir une auberge à Moscou.
Toutes les auberges ont des sociétés partenaires qui les aident à obtenir des visa, effectuer des enregistrements provisoires, organiser des excursions.
— Nos principaux clients sont des étrangers: anglais, australiens, suisses. Tous ceux dont le voyage fait désormais partie de la culture. Bien sûr, nous avons aussi des clients russes. En général, au premier abord, ils sont plutôt méfiants, voire même méprisants: dans la conception russe, un endroit communautaire ne peut pas être un logement digne de ce nom. Mais à la fin, ils repartent toujours satisfaits — explique Mikhaïl Nouridjanov à «Ogoniok».
— L’auberge de jeunesse offre l’opportunité unique de rencontrer des gens d’horizons très divers et de s’imprégner d’un voyage que l’on n’a pas fait soi-même — nous dit Natalia Chitova, directrice de l’auberge Trans-Sibirian Hostel. — Ici, à l’auberge, on prend vraiment conscience que le monde est infini. Et tous les vieux stéréotypes finissent par tomber : par exemple, l’idée que les allemands sont maniaques et prétentieux, et que les italiens sont bruyants et émotionnels. Depuis que je travaille ici, j’ai compris qu’il ne faut pas regarder le passeport d’une personne, mais bien la personne elle-même.
Les collaborateurs des auberges de jeunesse sont désormais habitués à voir toutes sortes de choses: des hôtes qui leur demandent de goûter à la boisson nationale russe, des voyageurs qui arrivent seuls et qui repartent en couple, des gens qui s’écrivent ensuite et s’invitent les uns chez les autres… Ils savent que les clients peuvent être très différents : une personne en fauteuil roulant ou un groupe de malentendants venus à Moscou pour un tournoi de basket-ball.
L'?v?nement Date et heure:
09.02.2007Auteur:
Elena Bakhanova, Photo Andreï NikolskiiSource:
journal «Ogoniok»
