Revue

Masamichi Katayama – le maître du déséquilibre

Masamichi Katayama – le maître du déséquilibre
Que pensez-vous du design « corporatif » des boutiques de grandes Maison dans le monde entier ?

C’est un sujet complexe. Il y a du plus et du moins. Le fait que le design soit unique dans le monde entier est plus facile pour la clientèle. Ce qui est négatif, c’est que cette uniformisation ne donne pas envie d’aller voir dans toutes ces boutiques : une seule suffit. Selon moi, même les boutiques de grandes corporations devraient avoir quelque chose de spécifique, un élément particulier qui reflète l’endroit où elles se situent. C’est plus intéressant et cela apporte une note supplémentaire d’originalité.

Qu’on le veuille ou non, Fred Perry Laurel sera l’intégration de trois cultures différentes : russe, britannique (car la marque est anglaise) et japonaise. Comment voyez-vous les rôles de ces cultures au sein de ce projet ?

Le thème principal de ce projet est la synchronisation des trois cultures. Je voulais qu’il soit unique, qu’il ne puisse voir le jour ailleurs qu’en Russie. Pour la Russie, le passage de l’époque soviétique à l’époque actuelle est une histoire vraiment spécifique. Aujourd’hui, la Russie est un pays en croissance, en développement. Et le fait qu’un propriétaire russe confie sa boutique à un créateur japonais se reflète dans le design. Je n’ai pas souhaité apporté un thème japonais en particulier, ma présence et mon travail ici suffisent. Lorsque je suis arrivé ici, j’ai compris que la Russie comme l’Union Soviétique présentent de nombreuses matrices culturelles différentes, de nombreux peuples différents. C’est cette mosaïque culturelle que j’ai voulu représenter, en mettant au sol de nombreux tapis différents.

Savez-vous qu’en URSS, le tapis représentait un véritable luxe ?

Je ne savais pas, mais ce n’est pas surprenant.

L’achat d’un tapis est une fête pour toute la famille. On l’accrochait au mur comme une œuvre d’art.

Fantastique ! Cela correspond tout-à-fait à ma conception du magasin. J’aime beaucoup ce déséquilibre entre les chaussures de sport et les tapis.

Etiez-vous déjà venu à Moscou auparavant ?

La première fois, je suis venu observer un projet encore inachevé. Aujourd’hui, c’est la deuxième fois que je viens.

Plus tard, comment vous souviendrez-vous de l’architecture moscovite ?

Le premier mot qui me vient à l’esprit est « propaganda ».

Le night-club « Propaganda » ?

Non, le concept de propagande. J’associe ce mot au style architectural de Moscou. Je pense que tout a été construit pour le pouvoir en place, on ressent beaucoup l’influence de l’Etat sur l’architecture.

L'?v?nement Date et heure:

06.03.2009

Auteur:

Vladimir Bordok